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‶Concentré de Web et Coups de Gueules ″

1 août 2013

La pêche aux sirènes !

 Fiasco sur le Gave d'Oloron :


Je pêche pour échapper à ce monde où l'on passe le plus clair de notre temps à faire des choses que l'on déteste. Aller à la pêche est à la fois une source inépuisable de plaisirs et un acte de douce dissidence. Parce que les poissons ne mentent pas et sont dépourvus d'hypocrisie. Ils ne peuvent pas être achetés, soudoyés...

Ils répondent seulement de la quiétude, de l'humilité et de la patience infinie. Un havre de paix où je peux solliciter la solitude sans solitude en sirotant une gorgée de Single Malt bien tourbé. J'aime songer, assis, près d'une cascade où d'une simple craste cachée par un doux manteau de roseaux. Je pêche, parce qu'un jour, harnaché comme un Tartarin, j'attraperai une sirène.


C'est dans cet état d'esprit que j'avais accepté l'invitation d'un pote pour brûler le Brandon entouré de quelques amis (es) au Château de Barbazan. Un rituel festif en pleine période des fêtes de la Saint-Jean en Haute Garonne.

Par ailleurs, c'était une bonne occasion de faire le point sur les crues dévastatrices de juin 2013 dans les Pyrénées. De ce côté là ce fut sans surprise.



Aire de pique-nique du lac de Loures Barousse en bord de Garonne.

Après deux jours et deux nuits de ripailles, je profitais d'une après midi ensoleillée pour faire un saut sur les "No-Kill" de l'Ourse. C'est toujours bon de revenir visiter une rivière que l'on a pêché quelques années auparavant. C'est un petit cours d'eau où les truites ne sont pas monstrueuses, mais le cadre est humain. Ça vaut vraiment le détour.

Évidemment, l'énorme cerise sur le gâteau de ce week-end à dans le Comminges, était de passer sur le Gave d'Oloron taquiner les saumons avant de rentrer à Bordeaux.
Quand on a une idée en tête mieux vaut ne pas la lâcher. Il est également vrai qu'une première journée de salmonite aiguë arrive toujours accompagnée d'une sournoise violence. Quand la crise se déclenche tout est permis. Il est même conseillé de penser que pêcher son saumon du jour sera aussi facile que d'ouvrir une boîte de sardine.
Il faut y croire, c'est primordial, tout autant que l’art d’écouter une sirène lascive sur son rocher et capituler devant ses appas. C'est cela qui me stimulait en traversant le pont d'Oloron-Sainte-Marie.







Après avoir sondé d'un coup d'œil rapide le couloir d'Orin et fait une halte éclair au bac d'Aren, je décidais de pêcher plus aval. Le Bas de Lass me semblait idéal. Judicieusement, je fonçais directement sur le pool sans passer par les cases intermédiaires...

Ce qui me laissait cinq bonnes heures à patauger sur les galets avant la tombée de la nuit. Le bonheur à bout de bras. De quoi vous refiler une tendinite pour le restant de vos jours !
Dès mon arrivée, alors que je prenais place près du ciré, je fus accueilli comme il se doit par l'éclat royal d'un castillon plein de vigueur crevant les eaux sombres du Gave. Une aubaine me dis-je, ils sont là ! 
Durant la session un autre freluquet viendra éclater la surface juste après avoir passé les turbulences du V.

Quelques instants plut tard la première touche se solda par un décrochage. Il en fut de même à plusieurs reprises... Jusqu'au moment fatidique où je tenais ferme ma prise.
Très vite le trouble s'installa. Car son comportement anormal agitait mon imagination dans des conceptions douteuses : était-ce vraiment une jeune et pulpeuse petite sirène au seins nus qui tapait ainsi de la tête sous l'eau ?
L'angoisse grandissait à l'idée de me retrouver devant une aussi jolie femme poisson qu'il me faudrait relâcher en prenant soin de ne pas l'écailler de ses fards.

Mais vu l'indolence de ses rushs mon émoi chancelait dans une folie indescriptible. Une nouvelle sensation commençait à germer dans mon esprit : n'étais-je pas en train d'attraper un thon mollasson ?







Peu après avoir décollée la bestiole du fond, j'aperçus avec désolation l'épaisse moustache et le flan dodu d'un beau Barbeau. Tout rentrait dans l'ordre et quelques autres suivirent... Les Barbus sont monnaie courante dans le coin.
L'année passée, au pool Masseys, un type du cru en avait piqué un. N'attendant pas sa mise à sec, l'assistance s'empressa d'applaudir le haut fait et s'était mise à clamer des bravos dignes des meilleurs galas du showbiz. Évidemment, voyant tous la tronche gauchi de l'artiste hors de l'eau, le spectacle tourna court.
Ceci dit, cette années est ni bonne, ni mauvaise. Environ 124 saumons ont été pris et comptabilisés lors des festivités de juillet à Navarrenx.


À présent, il faut que je songe à m'organiser. Deux sessions par an de pêche sur le Gave, c'est trop peu. Il suffit d'être la au bon moment me direz-vous. Je n'entrerai pas dans ce débat.
Par conséquent je me suis laissé tenter pour établir un comparatif, qui, pour un touriste, pourrait s'apparenter à cela :

- Norvège : une journée de pêche à Neiden = 5 saumons
- France : cinq sorties de pêche sur le Gave = 0 saumon 

En attendant les améliorations, cette séance d'entrainement Spey Cast fut très agréable.
La nuit venue, il était temps de tirer un trait sur le fiasco. Je rentrais penaud dans mes pénates où m'attendait une vraie Sirène. 

Alors dit-elle, la pêche a était bonne aujourd'hui, qu'as-tu attrapé mon chérie ?
Je ne sus trop quoi lui répondre et tout en dodelinant de la tête je marmonnais "pêche de la sirène, pêche sans fortune...". Mais demain m'esclaffais-je, la pêche sera fermée !
Je te promets de réparer la fuite du robinet de ta salle de bain... Après quoi, nous déjeunerons à Salies de Béarn et je filerais sur Bordeaux.

Une stratégie imparable pour changer de sujet et parler chiffons. L'ultime moyen pour gagner du temps et rêvasser de la pêche du saumon en mouche sèche.
Pour cela, il suffit d'aller trainer ses waders au Hunt River Lodge. La gastronomie est au rendez-vous et l'équipe est décidée de vous accueillir en famille dans le somptueux décor des rivières perdues au fin fond du Labrador.
Des paysages féériques où, sans nul doute, vous parviendra l'écho d'une voix mystérieuse, douce et aussi séduisante que le chant des Sirènes : The Dance!




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