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‶Concentré de Web et Coups de Gueules ″

10 oct. 2013

Comment les poissons voient-ils les couleurs ?

Récapitulatif :

Mieux cerner la capacité ophtalmologique des poissons, c'est aussi porter un regard avisé sur vos mouches et votre façon de pêcher. Concernant la vue de poissons, une chose est sûre, ils n'ont pas leur yeux dans la poche.


L'importance de la couleur ? :


C'est une question délicate à se poser au moment de l'achat d'une mouche, son montage et surtout, juste avant de poser la soie sur l'eau.
Mais ne nous mettons pas le doigt dans l'œil : deux écoles de pêche s'opposent, l'une affirmant que le choix de la couleur est primordial, alors que l'autre prétend que ce n'est pas important.
Je suis adepte de ce dernier courant de pensée. Certains trouverons cette valeur trop intégriste à leur yeux. À ceux-là, je répondrai que le berceau de la tradition est le siège des progressistes.



"Un bon avis vaut un œil dans la main."


Et pour cause, les éléments scientifiques susceptibles d'accorder ces deux points de vues se contredisent. Si la recherche d'une couleur appropriée, peut, sous certaines conditions, améliorer vos chances d'attirer le poisson, la science peut, aussi, démontrer que sous d'autres dispositions, la dite couleur n'a vraiment aucune importance.
La teinte d'une mouche dans l'eau est presque toujours différente de ce qu'elle est dans l'air.




"La French Tricolore", la mouche chauvine par excellence, L’héritage d’Henri Bresson."

 

Peut-on prétendre comprendre les poissons ? :


Une multitude de pêcheurs expérimentés connaissent fort bien les mœurs et les habitudes des poissons. Au demeurant, connaître n'est pas synonyme de comprendre.
Ouvrez l'œil, d'une part parce que notre compagnon de jeu est un vertébré inférieur et de l'autre parce qu'il est hautement spécialiser pour évoluer dans son milieu. L'opposition est telle entre le poisson et nous qu'il est impossible de lui attribuer à bon escient nos impressions, nos mobiles et, a fortiori, des intentions comparables aux nôtres ou une intelligence équivalente à celle de l'homme le plus obtus.




"Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois"




Outre la biologie des poissons, les difficultés environnementales du milieu présentent des particularités dont on se doit de tenir compte. Par exemple, le son se déplace presque cinq fois plus vite et beaucoup mieux dans l'eau que dans l'air.
L'ouïe des poissons est excellente et ils utilisent leur deux oreilles internes et les lignes latérales. De ce fait, ils perçoivent une multitudes d'informations pour détecter les proies ou éviter les prédateurs.




"Fish Eye Guy Photography"


Pêcher, capitaliser sur la discrétion et l'effet de surprise est bien plus important que la couleur de votre mouche. À vue d'œil, aussi séduisante soit-elle à rouler des yeux doux, je pense sincèrement que c'est le cadet des souci de nos amis vertébrés au moment de passer à table. L'instinct animal à d'autres impératifs à se coller sous la dent.
Cependant, le milieu est autant un défi pour les poissons que pour les pêcheurs quand il s'agit de la vision et de la couleur, surtout à contre-jour.

 

 Comment y voir plus clair ? :

Au premier coup d'œil on constate que les prédateurs ont les yeux placés en avant afin de repérer plus facilement les proies. De plus, ils n'ont pas vraiment besoin de voir sur l'arrière. Alors que le poisson fourrage, lui, a des yeux derrière la tête. Sait-on jamais !

L'emplacement latéral des yeux ne favorise pas une bonne vision, surtout sur une longue distance. Leur pupilles ne peuvent pas se contracter, mais cette fixité leur donne un champ de vision élargi.
À cela, pour y voir plus clair, nous pourrions ajouter la composante de l'eau, son brassage, les particules en suspensions, la pénétration de la lumière... Autant de caractéristiques qui changent rapidement, se déplacent et trouble l'eau.

* Inutile de développer la composante de la lumière dans ce billet. Pour des questions de commodités et de plaisir, la pêche à la mouche se pratique en surface. Voire dans la pellicule d'eau et rarement dans plus de deux mètres de profondeur. Donc, bien en deçà de la première absorption sélective du spectre. En l'occurrence, le rouge à partir de cinq mètre...


  • La zone verte (vision monoculaire) latérale, moins précise, est utilisée pour la surveillance, la vigilance.
  • La zone vert pastel représente la vision 3D (Vision Binoculaire), plus large chez les prédateurs que pour le poisson fourrage.







Le cristallin pratiquement sphérique concentre les rayons au maximum. De ce fait les poissons sont généralement myopes. Car les images se forment en avant de la rétine (plus épaisse que la notre) et le cristallin n’est pas déformable. Elle réagit à la lumière (couleurs) grâce à ses capteurs sensibles, les bâtonnets et les cônes.
Les images sont au point pour des objets très rapprochés. Toutefois, l'accommodation permet la vue à distance. Pour se faire, le cristallin est tiré en arrière par le muscle lenticulaire. Quand celui-ci se relâche, la lentille revient vers l'avant sous l’action de son ligament suspenseur.




"Dissection de l'oeil de poisson"



La vision des couleurs est un fait établi. À mesure que le poisson s’enfonce dans son élément, une plus grande partie des objets lui devient invisible. Mais la plupart des poissons peuvent voir dans des conditions de faible éclairage ou une eau teintée, et quelques-uns peuvent distinguer des objets plus modérément à longues distances, le thon en particulier.




"“L'essentiel est invisible pour les yeux” répéta le petit prince, afin de se souvenir."
     Antoine de Saint-Exupéry


 

Que peut voir un poisson ? :

N'ayons pas les yeux plus gros que le ventre. Les scientifiques ne savent pas exactement ce que voit les poissons ou plus précisément, quelles images atteignent leur cerveau.
La plupart des recherches ont été faites, soit par un examen physique ou chimique des différentes parties de leurs yeux. Et encore, en déterminant comment les poissons de laboratoire répondent aux diverses images ou stimuli.

Établir une généralisation sur la vision du poisson est complexe. Les différentes espèces peuvent avoir des capacités de visions dissemblables. De plus, le monde aquatique ayant ses propres spécificités, les résultats peuvent être faussés en laboratoire.





"Ray_Gamefish"



Les études physiques des yeux et des rétines ont démontrées que la majorité des poissons peuvent capter une image clairement ciblée, apte à détecter le mouvement et qu'ils sont pourvu de facultés pour détecter le contraste.
Toutefois, un nombre limité d'expériences ont montré qu'un niveau minimum de lumière est nécessaire avant qu'un poisson soit en mesure de reconnaître (percevoir) les couleurs.
Une autre constatation voudrait que les poissons préfèrent une couleur spécifique. En quel cas, une étude plus approfondie serait nécessaire afin de le certifier...

 

Les yeux fermés :

Si nos amis fishs ont un sens de la vision suffisant, ce n'est certainement pas ce qu'ils ont de plus développé. Sachant que la visibilité sous l'eau est réduite et qu'ils n'ont pas des yeux de lynx, nous pouvons supputer que les couleurs sont aux poissons ce que la noix de muscade est à la purée de poids cassés.
Dans ce flou artistique, mieux vaut garder les yeux en face des trous. Au delà des couleurs, il semble judicieux de tenir compte de l'attractivité de nos mouches : la combinaison de leur mouvements, leur formes, les matériaux utilisés... Et par-dessus tout, la passion que nous mettons à ficeler l'ensemble.








L'ouïe du poisson, son odorat et son incomparable capacité à détecter les vibrations (ondes) à travers les lignes latérales, sont certainement le premier facteur de localisation à prendre en considération. Ils l'utilisent généralement pour percevoir une proie distante et ensuite leur vision prend le relais dans la phase finale de l'attaque. (Ceci peut-être remis en question pour la pêche des salmonidés...)



"Le V du brochet, sa mire naturelle."



Ce qu'il est important de retenir, c'est que leur système ophtalmologique permet de détecter le type de couleurs typiques de leur environnement.
Une capacité à détecter leur proie en distinguant le contraste du poisson fourrage sur divers fonds colorés.
Un peu comme pour nous, lorsqu'il s'agit, bon pieds bon œil, de repérer un Bonefish sur un plat ensoleillé. Et pour cause, il est plus facile de localiser l'ombre du poisson sur le fond de sable blanc, que l'argenté lui même dans les eaux cristallines et scintillantes du lagon dans lequel nous pataugeons à l'aveuglette.


➜ Pour un complément d’informations éclairées, vous pouvez vous référer au livre de Reed F. Curry :


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